L’année 2025 n’a pas été pour moi une année riche en rebondissements, elle s’inscrit vraiment dans la continuité de 2024. D’une certaine manière, il s’agit de l’année du doute. J’ai eu beau retravailler ma trajectoire pour qu’elle corresponde davantage à mes aspirations, mon moral a bien du mal à remonter. J’ai de nouvelles résolutions à tester.
La douleur physique, le problème de fond :
J’ai évoqué l’an dernier mes douleurs costales bien installées malgré le kiné, l’ostéo et autres anti-douleurs. Eh bien c’est toujours là. Voilà deux ans que j’ai mal, ça n’a pas bougé, que les examens ne donnent rien, et ça rogne ma résilience à petit feu. Je me suis habituée à avoir mal tout le temps, j’ai appris à faire avec et continué le sport pour garder la forme.
Au final ça va, mais je ne suis plus capable de gérer autant de stress que je le pouvais avant. Pendant une période particulièrement éprouvante, j’ai même frôlé la dépression de peu. Je m’en suis tirée avec un arrêt de deux semaines, une bonne introspection, et quelques actions efficaces pour éviter de tomber dans le trou, comme enregistrer mon jardin en tant que refuge LPO et faire retirer ma haie de thuyas en vue de la remplacer par des essences locales.
Côté écriture, ça s’éparpille un peu mais c’est pour le mieux :
Je disais l’an dernier que je ressentais le besoin d’avancer à fond sur l’Enfant des Esprits avant de commencer un nouveau projet d’écriture. Mon besoin a changé. J’ai bel et bien avancé à fond sur l’Enfant des Esprits, et j’ai terminé une dernière relecture… Ce n’est toujours pas tout à fait ça, j’ai pris quelques notes de corrections à effectuer (encore !) mais le texte commence à être bon. J’y suis presque. On verra si l’impression est pour 2026.
En parallèle, j’ai aussi ressenti le besoin d’écrire à nouveau. D’écrire, vraiment, et pas de retravailler un texte existant. Je prépare une suite à l’Enfant des Esprits, un recueil de nouvelles appelé “Le Cabinet des Mauvais Souvenirs”, qui met en scène les talents de Ben. J’ai le premier jet de la première histoire, et je suis en train d’écrire la deuxième.
La plateforme Plume d’Argent sur laquelle était publié Le Vœu de Yoko a fermé ses portes, le roman n’est donc plus disponible nulle part. Je n’ai pas encore pris le temps de mettre l’e-book au propre pour le proposer au téléchargement, il faut vraiment que je m’en occupe, mais je n’ai pas encore réussi à me motiver.
Des doutes sur mon métier :
Mon métier alimentaire, c’est consultante ingénieure web. Avoir dix ans d’expérience dans ce métier en 2025, ça permet d’avoir un bon niveau de vie, avec un salaire suffisant pour travailler aux 4/5ème tout en remplissant son assiette. Malgré tout, le sens de ce que je fais commençait déjà à m’interroger il y a quelques années, et la percée de l’IA n’arrange rien aujourd’hui.
Le truc, quand on est consultant, c’est qu’il faut savoir répondre aux interrogations des clients et leur dire objectivement ce qu’ils devraient faire en fonction de leur intérêt. Or, quand les clients veulent savoir de quelle manière l’IA peut optimiser ou non leur productivité, il faut acquérir une expertise en IA pour pouvoir répondre. C’est le propre du consulting, il faut suivre la direction de l’industrie et trouver les réponses aux questions des entreprises avant même qu’elles se les posent.
Ce que je commence, moi, à me demander, c’est si la désescalade numérique n’est pas un peu trop en avance sur son temps, par rapport à la mentalité de la tech aujourd’hui. Mon boss est convaincu que la “hype” de l’IA est passée et qu’on commence à entrevoir le véritable intérêt long terme de l’outil. J’ignore qui a tort ou raison, mais ce que je vois, c’est que les entreprises qui évoluent dans le techno-capitalisme d’aujourd’hui ne se posent pas la question de savoir si cette technologie est souhaitable, elles veulent juste “ne pas être en retard”.
Je sens un désaccord de plus en plus profond entre mon métier et mes valeurs, et je ne vois pas encore quelle transformation je devrais opérer pour éloigner le spectre de la dépression de mon chemin.
Retour aux sources :
En attendant de poser ma dem pour débuter des études de conceptrice paysagiste et favoriser la biodiversité en milieu urbain, je commence déjà par travailler sur mon propre rapport au numérique. D’abord, j’ai jeté complètement mon site CV pour refaire deux petites pages légères que j’auto-héberge sur un Raspberry Pi, et qui suffisent à présenter mes compétences et le type de projets sur lesquels j’ai travaillé.
Je creuse le sujet de l’éco-conception, de notre rapport au numérique, et je cherche à reconstruire mes flux d’information à partir de newsletters et de flux RSS à l’ancienne. J’ai supprimé mon compte X, je poste encore mes dessins sur Instagram, je m’active un peu plus sur Mastodon, mais sans m’en demander trop à moi-même.
Comme je réalise être de plus en plus à l’aise avec l’écriture d’articles de blog, j’ai pris la décision d’abandonner Panodyssey et tous les endroits où je maintiens des articles pour maintenir mon propre blog, que j’ai commencé à réaliser avec le générateur de sites statiques Hugo. Cette solution fournit également les flux RSS, donc je pourrai moi aussi proposer mes articles sur abonnement, sans dépendre d’un réseau social.
Quand je travaillais sur l’Ember Initiative lancée par Mainmatter, j’écrivais des journaux hebdomadaires pour résumer l’avancement tout en axant le concept sur “ce que j’ai appris cette semaine”. Ce format est devenu plus compliqué à tenir à présent que l’Ember Initiative n’est plus organisée en trimestres mais en développement continu, avec finalement peu de jours alloués tous les mois. J’envisage de reprendre le concept de journal hebdomadaire sur mon nouveau blog, en élargissant le contenu à l’ensemble de mes activités.
Conclusion :
Mon ressenti sur cette année est mitigé. J’ai pris bien des décisions pour vivre davantage en accord avec moi-même, mais ce n’est toujours pas suffisant. Il y a un problème de fond sur mon activité professionnelle que je dois démêler, sachant qu’à l’heure actuelle je ne sais pas encore très bien à quoi j’aspire moi-même. Je vais poursuivre les actions que j’ai entrepris sur cette fin d’année et voir ce que ça donne.
D’ici là, passez une heureuse année 2026 !
Marine, belette sauvage écrivaine