Blog d'une Belette Sauvage

Notes hebdo, 2 octobre 2026

· 842 mots · 4 minutes de lecture
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Côté écriture #

Le livre broché L’Enfant des Esprits est en cours de fabrication ! Une trentaine d’exemplaires sera disponible à la vente dès fin Octobre. Je compte les présenter lors des prochains événements auxquels je participerai, mais vous pouvez bien entendu me contacter pour en obtenir un.

La narration est un peu différente de celle de Suzuha, et les thématiques un peu plus young adult. Avoir aimé Suzuha ne veut pas dire qu’on va aimer L’Enfant des Esprits, et inversement. Je dirais que L’Enfant des Esprits est un peu plus “mainstream” en matière de littérature young adult, les premières publications au format numérique ont obtenu davantage de notes sur Kobo, les deux étant bien notés.

Côté web #

« Je n’en peux plus des gens de mon équipe qui refusent d’appliquer mes commentaires car ils ne veulent pas remettre en cause les résultats de l’IA que je contredis ! » C’est ce que m’a confié cette semaine un ancien collègue (fatigué) dont l’entreprise possède un abonnement à Claude pour le code.

Les solutions approximatives à moitié comprises ne datent pas d’hier. Face à un problème qu’on maîtrise mal, quel·le développeur·euse de ma génération n’a jamais copié-collé un morceau de code de StackOverflow pour « voir si ça marche » ? Seulement, chercher, fouiner, lire les commentaires, comprendre si on a bien affaire à la même erreur… C’est ce qui permet au bout du compte d’apprendre quelques trucs en route et de progresser. Et puis, quand un développeur plus expérimenté, qui comprend mieux le sujet, dit « cette ligne-là ne sert à rien », on a la sagesse de l’écouter.

Ed Faulkner disait très justement dans son talk à l’EmberFest 2026 qu’il voyait trois usages à un artéfact créatif (un document, un dessin, une chanson, ou du code) :

  • utiliser la valeur de la création - apprécier le livre, admirer le dessin, exécuter le code ;
  • prouver un effort et une intention - l’auteur·ice a pris le temps d’effectuer ce travail alors je vais y prêter attention ;
  • utiliser le processus de création pour penser - matérialiser ces idées m’a permis de penser à de nombreux détails et d’apprendre de nouvelles choses.

Or l’IA ne conserve de l’artéfact créatif que le premier point : l’utilisation de sa valeur. La preuve d’effort et tout le raisonnement pour aboutir au résultat sont inexistants.

S’il paraît naturel que les usages évoluent, et qu’une personne née dans les années 2010 n’ait pas le même rapport au numérique et à la technologie en général qu’une personne née 20 ans plus tôt, je m’inquiète de l’empressement avec lequel des développeur·euses arrivés dans le métier bien avant l’IA acceptent de jeter leur propre expertise aux orties, jusqu’à refuser d’écouter un autre être humain compétent qui leur dit « Claude a mal fait ceci et cela ».

Côté jardin #

La semaine dernière, je suis intervenue pour la première fois en tant que représentante de la LPO dans ma ville. La mairie organisait une remise de prix des maisons fleuries. Pour l’occasion, nous étions quatre intervenants à nous exprimer devant les habitants présents : l’un des jardiniers de la ville, la gérante des Maraîchers des Viennes (chez qui j’achète mes légumes), un autre bénévole de la LPO qui a notamment présenté plusieurs modèles de nichoirs, et moi-même.

Le but de mon intervention était de livrer un témoignage sur mon expérience en tant que propriétaire d’un refuge LPO. J’ai pu parler de l’importance de la préservation de la biodiversité au jardin, évoquer des sujets comme les passages à faune, les maisons à insectes, la sauvegarde de l’eau ou encore la tonte différenciée. J’ai pu rencontrer d’autres habitants soucieux de la préservation de la biodiversité au jardin, et certains sont venus me poser des questions sur les oyas ou les lombricomposteurs. Plutôt une bonne opération.

Côté culture #

95,2 milliards d’euros par an (en France). C’est le coût de la virilité selon Lucile Peytavin. Elle l’estime dans un petit livre rapide à lire et d’utilité publique : Le coût de la virilité, édité en 2021, mais dont les sujets traités sont toujours bien trop actuels à mon goût.

L’autrice commence par démonter point par point l’idée reçue selon laquelle l’agressivité chez l’homme serait naturelle, idée qui n’est soutenue par aucun fait scientifique. J’ai trouvé les données sur l’évolution de l’humanité du paléolithique au néolithique particulièrement intéressantes. Ensuite, elle démontre que la virilité est bel et bien une construction culturelle qui commence avant même la naissance de l’enfant, et se poursuit tout au long de sa vie. Certains faits évoqués sont plutôt évidents, d’autres beaucoup moins, surtout en ce qui concerne l’attitude des parents envers les nourrissons. Enfin, elle annonce les chiffres. Si certains détails de la méthodologie peuvent sans doute être discutés, l’approche globale est pertinente et permet de saisir l’ampleur du phénomène.

La conclusion liste encore davantage de problèmes qu’elle ne donne de pistes, et on peut sortir de la lecture submergés par le gigantisme du travail à effectuer pour changer nos modèles culturels. Malgré tout, faire circuler ce livre est un premier petit pas.